La masturbation chez l’homme

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La masturbation chez l’homme et la visualisation de pornographie sur Internet ne sont pas des problématiques en elles-mêmes. En revanche, pour quelques hommes, elles ont parfois des répercussions négatives sur leur sexualité en couple

A partir de quel moment la masturbation chez l’homme et la pornographie sont-elles un problème ?

Jadis, la pornographie se consomme via des revues spécialisées. Avec l’arrivée de l’Internet, elle devient plus interactive, accessible et gratuite.
C’est ainsi que la pornographie transmet un message de performance. Sa consommation se banalise. Elle se visionne et se camoufle plus facilement. Elle est parfois considérée comme addictive. Plus on en visionne, plus on veut en voir. Malgré cela, peu d’hommes ont conscience des conséquences de cette consommation sur leur vie sexuelle.

Conditionnement et constructions de stéréotypes sexuels

Associer des images sexuelles et des sensations physiques intenses crée une sorte de conditionnement. Pour certains hommes, les images qu’ils consomment sont identifiées comme étant sexuellement attirantes. La sexualité réelle n’est alors plus assez stimulante en comparaison de leurs nouveaux critères.

Il faut comprendre que la pornographie présente une image de la sexualité qui ne correspond pas à la réalité. Tout est exagéré.
Des pratiques sexuelles moins normées sont désormais présentées comme des standards. Les cris, la durée des pénétration, la taille des sexes ou des poitrines est augmenté. Même les éjaculations sont maquillées. Les positions s’enchainent très rapidement.

L’aspect génital et fonctionnel est mis en avant. Ceci au détriment des sentiments d’affectivité et se sensualité. Le consentement des femmes, la dynamique relationnelle entre les partenaires (partage, connexion, tendresse) sont relégués aux oubliettes. En revanche, les gros plans sur le physique et l’expression d’un plaisir surjoué mettent en exergue un objectif de performance.

L’angoisse de la performance

Un homme qui consomme de la pornographie de façon épisodique peut ne pas être télescopé dans sa représentation de la sexualité.
En revanche, un consommateur régulier peut avoir des attentes irréalistes envers sa partenaire ou lui-même. L’acteur devient le modèle sexuel de référence. C’est ainsi que l’homme pense qu’il doit avoir une érection à la demande, être constamment désirant et endurant pour finir par faire crier sa partenaire de plaisir.

La sexualité devient alors une performance. Par conséquent, cela engendre de l’angoisse. L’angoisse de la performance est l’opposée d’une sexualité ludique, légère et complice. C’est pourquoi certains hommes expérimentent des troubles fonctionnels. (Trouble de l’érection, absence ou précocité d’éjaculation). Ils peuvent aussi ressentir des troubles relationnels tels qu’une baisse de désir envers leur partenaire.

La corrélation entre ces troubles et la consommation de pornographie n’est pas toujours évidente. La plupart du temps, cette dernière ne fait que renforcer l’idée qu’un homme a déjà de la sexualité. C’est pourquoi lorsqu’elle représente les premières images sexuelles qu’un adolescent voit, on peut supposer que sa vision de la sexualité se trouble.

 

L’imaginaire érotique et la pornographie

L’imaginaire érotique favorise le désir. La pornographie peut diminuer cette capacité à imaginer.
L’homme doit apprendre à alimenter son excitation et son désir par son imaginaire. Sans cela, il peut se retrouver en difficulté si la stimulation visuelle habituelle (pornographie) est absente dans sa sexualité partagée.

La pornographie impose des images. L’imagination permet de créer ses propres scénarios et de convoquer son propre univers fantasmatique.
Accepter et faire appel à ses fantasmes permet de se connaitre en tant qu’individu plutôt que prendre une norme proposée par la pornographie.

Cette dernière impose une façon d’être et de faire et bloque la découverte de soi.
A contrario, se connaitre s’avère utile à l’homme qui expérimente des troubles de désir, d’érection. De cette manière, il peut consulter une sexothérapeute et engager une réflexion dans cette direction. Sans qu’il ne le sache, la pornographie consommée peut jouer un rôle dans les problèmes qu’il rencontre.

Quelques questions à se poser:
  • Ai-je besoin de regarder de la pornographie chaque fois que je me masturbe?
  • Ai-je des rituels, des préférences fixes dans mes choix ou ma façon de faire ?
  • Est-ce que je ressens des émotions négatives après une relation sexuelle ?
  • La pornographie est-elle plus excitante pour moi que la sexualité avec ma partenaire?
  • Mon désir dépend-il de ma consommation pornographique?
  • Est-ce plus jouissif pour moi de me masturber devant des images porno que d’avoir des relations sexuelles avec ma partenaire?
  • La masturbation est elle un moyen d’évacuer le stress ?
  • Suis-je prêt a me masturber en faisant appel à mon imaginaire, en écoutant un podcast érotique ou en regardant un film érotique moins normé ?

 

Ce qu’il faut retenir 

La masturbation chez l’homme est souvent un moyen de se relaxer. La décharge orgasmique permet de libérer des tensions physiques et psychologiques. C’est pourquoi certains hommes peuvent utiliser inconsciemment la sexualité comme stratégie de régulation de tensions. La masturbation masculine devient alors parfois mécanique, machinale, et l’homme peut perdre le goût des sensations liées à la stimulation, à l’excitation et au désir. Seuls compteront l’intensité de l’orgasme et le relâchement suivant la décharge éjaculatoire.

Parfois il s’installe alors une quête du plaisir physique qui éloigne d’autres besoins (intimité, complicité, amour…). C’est ainsi que les besoins affectifs et relationnels sont sexualisés. L’homme confond désir sexuel et désir affectif. C’est pourquoi il est nécessaire de s’assurer la satisfaction des besoins affectifs autrement qu’en surinvestissant la sexualité.

 

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